Le thème

Sous la direction scientifique de
– Benoît GRIMONPREZ, Maître de conférences HDR
– Denis ROCHARD, Maître de conférences HDR.

Historiquement perçues comme éloignées l’une de l’autre, l’agriculture et la ville sont en voie de constant rapprochement. L’étalement physique des agglomérations, avec leurs zones périurbaines, conjugué à la mobilité accrue des citadins comme des ruraux, réduisent les distances entre les mondes rural et urbain. Si le phénomène provoque, entre l’agriculture et la ville, des rapports d’opposition, il fait aussi naître des rapports de séduction se concluant par des projets agri-urbains. La voie est donc ouverte pour un nouveau pacte entre l’agriculture et la ville. Il reste cependant à le concevoir et à l’organiser juridiquement, enjeu qui n’a jamais été véritablement posé. Or la difficulté est réelle de marier deux droits, celui des villes et celui des champs, dont les trajectoires ont toujours été parallèles et qui viennent aujourd’hui à se croiser.

Le premier sujet est de « faire place » à l’agriculture dans un contexte d’urbanisation croissante du territoire. Quel type d’agriculture peut se développer aux portes, ou à l’intérieur même, de la ville ? Et quelles villes sont susceptibles d’accueillir et de développer ces projets ? Si le droit de l’urbanisme a un rôle de premier plan à jouer dans cette répartition de l’espace, il ne faudrait pas oublier les opérateurs fonciers (SAFER, EPFL…), qui avec leurs instruments d’intervention, développent des stratégies foncières dans le but de réinstaller, partout où c’est possible, des agriculteurs.

Le second sujet est de « faire vivre » cette relation agriculture/ville. Il s’agit d’abord de trouver les moyens juridiques de dépasser certains antagonismes : quelles conventions peuvent être les plus adaptées en fonction du statut des espaces exploités (domaine public, immeubles en copropriété…) ? Selon quelles contraintes environnementales au regard de la proximité des habitations ? Il s’agit ensuite de cultiver ces rapports pour les rendre réciproquement fructueux : pour la ville, grâce à un ensemble de services nouveaux que peut lui rendre l’agriculture ; et pour l’agriculture, à travers une plus grande diversification et des filières à plus forte valeur ajoutée.